PODCAST : CORRESPONDANCES – LE COUPLE #Ep2

Un thème, deux générations, deux regards. Boomer vous embarque dans une discussion croisée au carrefour de deux époques.

Dans ce deuxième épisode de Correspondances, nous allons à la rencontre de deux femmes qui nous racontent ce que le couple signifie pour elles. Pauline, 26 ans, et Agnès, 65 ans.

Et à ne surtout pas manquer, ce jeudi 28 janvier, à partir de 14 h 30, une émission en direct sur Twitch. Avec trois invités de 65 à 75 ans, nous débattrons pendant 2 heures sur des sujets mêlant amour, couple et sexualité. Pour casser les clichés…

PODCAST : CORRESPONDANCES – LA COUTURE #Ep1

Un thème, deux générations, deux regards. Boomer vous embarque dans une discussion croisée au carrefour de deux époques.

L’une a 22 ans, l’autre 75. Camille et Claudine ne sont pas nées à la même période mais toutes deux partagent un même savoir-faire : la couture. Une activité qui, avec le fait main, connait un retour en grâce ces derniers mois. Nouvelle occupation tendance qui rappelle à nos aînées leurs jeunes années, lorsqu’elles apprenaient à l’école le maniement du fil et de l’aiguille. Dans ce premier épisode de Correspondances, nous allons à la rencontre de deux femmes qui nous racontent ce que la couture signifie pour elles.

Un podcast d’Émilie Spertino.

PODCAST : MOTS CROISÉS – VIOLONS D’INGRES #Ep3

À chaque génération, son jargon. Chaque jour, la rédaction de Boomer décrypte pour vous les expressions qui en disent beaucoup sur une époque.

Pour ce troisième épisode, violon d’Ingres. Une expression venue d’un peintre passionné de musique qui désigne une passion ou bien un passe temps.

Un podcast d’Armelle Exposito

Crédits :
Keywoo-Jingle, Hicham Chahidi
Akanaba, Hicham Chahidi

MOTS CROISÉS – LA CHIENLIT

Une race de chien ? Une insulte ? Même pas. Expression devenue culte en politique, elle a été utilisée par De Gaulle pour qualifier le « bazar » des manifestations de mai 68 et par son Premier ministre Pompidou. Mais avant de revêtir ce sens, cette formule renvoie à une autre acception…

Grands-parents et petits-enfants : ils se sont confinés ensemble

TÉMOIGNAGES – Alors qu’un reconfinement se profile, les souvenirs du second confinement reviennent. Au mois de novembre dernier, Louise, Agathe et Pierre sont partis de Paris pour rejoindre leurs grands-parents et vivre autrement ce confinement. Entre rires, incompréhensions et longues discussions sur la vie et la mort, récit de 50 jours de cohabitation entre deux générations.

À quelques jours de l’annonce du deuxième confinement au mois d’octobre dernier, Pierre a du faire face à un dilemme. Rester à l’étroit dans son 13m2 dans le XIVème arrondissement de Paris ou partir en Lozère, chez ses grands-parents maternels ? «J’ai fait trois fois le tour de mon appartement, j’ai imaginé ce que je pourrais y faire et je me suis décidé à partir», raconte l’étudiant parisien aujourd’hui en riant. Ayant tous ses cours en distanciel, ce jeune de vingt ans pouvait « théoriquement aller partout en France » mais les choix ont vite été limités et la décision prise.

Hors de question pour ce fils unique de retenter l’expérience du premier confinement en tête à tête avec ses parents dans un appartement en banlieue parisienne. «J’avais besoin d’air, de voir autre chose, de plus d’espace et de solitude». Le 30 octobre, au matin, Pierre fait donc sa valise pour Mende, ville de 12.000 habitants « et pourtant capitale de la région », ironise-t-il. Sur le quai l’attendaient Catherine et Jacques, tous les deux âgés de 73 ans. « On était si contents qu’il vienne nous voir, passer du temps avec nous », se remémorent encore ravis les deux septuagénaires. Ils avaient tout préparé. « Une chambre pour qu’il travaille », « un lit douillet pour qu’il dorme bien », Pierre était attendu comme un prince. Un enthousiasme que le jeune homme a mis du temps à partager. Après avoir longtemps hésité, il s’est finalement décidé « car c’était la meilleure solution» et « une autre forme d’aventure».

Louise a elle aussi longtemps tergiversé. « C’était risqué », confie-t-elle. Habituée à vivre toute seule, elle appréhendait l’idée de partager son quotidien avec Joëlle et Jean dans la Creuse. « On s’aime beaucoup mais ce n’est pas pareil de se voir à Noël que de vivre ensemble 5 semaines. » En télétravail, la jeune femme de 26 ans a installé son bureau au dernier étage de la maison de ses grands-parents. Finis la vue sur les tours de La Défense ou les toits grisâtres de Paris, bonjour la verdure et les vaches au loin. « Le cadre est incroyable, ça n’a rien à voir avec mon quotidien particulièrement morose quand on est confiné ». Louise a vécu le premier confinement de mars dans son appartement parisien. Elle refuse de revivre la même expérience au mois d’octobre. Non pas que la solitude l’ait dérangée mais « une angoisse permanente », et un « profond sentiment d’être à l’étroit ». Cette fois-ci, elle a choisi l’opposé. De l’espace, de la verdure, du grand air mais aussi des repas, discussions et soirées partagées avec « Papi et Mamie J », les « GI » comme elle aime les appeler. Eux étaient « contents » mais « un peu anxieux ». Les longues heures confinées inquiétaient les grands-parents : « on avait peur de ne pas arriver à s’occuper », confie Jean. Sa petite-fille, il la « connaît bien » mais « il n’en savait pas assez sur son quotidien, sur ce qu’elle aimait vraiment faire ».

Régimes alimentaires et opinions politiques, sources de discorde

Jeux de cartes ou de dames, longues discussions autour d’une tisane verveine menthe, jardinage, cuisine, ménage, bricolage : les occupations pendant 50 jours ne manquaient pas. Pour Germaine qui a accueilli sa petite fille Agathe dans le Loiret, les idées d’activités ont fusé dès qu’elle a annoncé qu’elle la rejoignait. Contrairement à ses amies, la sexagénaire a vu le mois de novembre comme une possible multiplication des activités. « Elles avaient toutes peur de s’ennuyer, pour moi c’étaient comme des grandes vacances », se souvient la senior. Finie la solitude et les soirées devant les téléfilms, Germaine, veuve depuis quatre ans, a vu son quotidien soudainement bien occupé. Agathe est devenue sa meilleure partenaire de jeu « même si elle ne connaissait pas toutes les règles ». La jeune fille s’est pliée à ces nouvelles occupations même si « ce n’était pas tout à fait ce qu’elle avait prévu ». Dans son programme, pas de parties de cartes ou de Uno mais des films, des séries et des bouquins. « Je me suis adaptée, c’était super sympa, note-t-elle, même si sur d’autres choses nous n’étions pas d’accord ».

La liste est longue, à commencer par la nourriture. Agathe est végétarienne, Germaine, grande amatrice de viande. Difficile pour la grand-mère de « régaler sa petite-fille » dans ces conditions. Alors, elle a essayé « au moins pour lui faire goûter ». Premier soir, sur la table, une andouille accompagnée de petites pommes de terre l’attendait, un classique de la région, « indispensable quand on vient ici », ajoute Germaine. Un festin pas aux goûts d’Agathe. La scène s’est donc répété à chaque tablée du déjeuner voire du dîner. La jeune fille s’est rapidement sentie « enfermée comme dans un abattoir » même si elle concède qu’elle exagère « un peu ». Une prison dont la seule clé était le dialogue. Alors, au bout de quatre jours, l’étudiante a pris son courage à deux mains et à mis les pieds dans le plat : « je lui ai dit que j’étais mal de manger autant de viande et si peu de légumes ». Germaine l’a bien pris même si elle n’a pas compris « son désaveu de bêtes, élevées dans de bonnes conditions par des fermiers responsables ». Pour se faire pardonner, Agathe a proposé de faire la cuisine tous les soirs, lui faire découvrir de nouveaux légumes et de nouvelles saveurs. Un compromis qui a ravi les papilles des deux « colocs de quarante jours », une occasion de partager sans trop se prendre le choux.

Apprendre des expériences des uns et des autres même s’ils ne partagent pas les mêmes opinions. « Mes grands-parents votent à droite, détestent le gouvernement et frôlent le complotisme, raille Louise, l’opposé de ce que je pense ». Les débats ont donc été animés. Masques, confinement, vaccins, restaurants, poids économique, les sujets n’ont pas manqué. À cela se sont ajoutés les sujets bioéthique, pilule, éducation sexuelle et sites de rencontres. « Fatigant parfois », avoue Jean, le grand-père « un peu dépassé par tout ça ». Joëlle a « découvert la vraie vie de sa petite fille, des plaisirs bien différents de sa jeunesse ». Mais tous se sont instruits des instants partagés. Des altercations parfois houleuses qui ont permis d’éviter que le mois de novembre rime davantage avec frénésie qu’avec ennui.

Sont-ils prêts à repartir pour un troisième tour ? C’est un « oui » pour Agathe et Pierre. Louise, elle, est sceptique. « C’était bien, une super occasion pour mieux se connaître » mais si un troisième confinement est annoncé, elle choisira « encore autre chose, pour changer ». Et Germaine, Catherine et Jacques, Joëlle et Jean, les grands-parents « GI » ? « Avec plaisir ! », répondent-ils tous. Pour eux, c’est une occasion de rompre la routine, comprendre cette jeunesse privée de sorties et de plaisirs pour sauver leur santé « à eux, les boomers ».

Marie-Liévine Michalik

Tricot et broderie, une affaire de vieux ?

Le tricot et le crochet ne sont plus des activités réservées uniquement à nos aïeux. De plus en plus de jeunes cassent les clichés et piétinent les stéréotypes sur ces « hobbies de mamie ». Avec les longues journées du premier confinement, de nombreux enthousiastes ont commencé à tricoter, broder, coudre et crocheter. 

Les clochettes de la porte d’entrée tintent sans cesse. Dans la boutique Ultramod, la mercerie incontournable du 2e arrondissement, jeunes et seniors se pressent pour acheter des boutons fantaisie, tissus pour masques, fils en soie et autres accessoires de couture et de tricot. « J’aimerais personnaliser la robe de baptême de ma filleule, l’accessoiriser d’un liseré bleu, avec un joli ruban », explique Annaëlle, 26 ans. Accompagnée de sa maman, l’étudiante en droit est à la recherche d’un ruban gaufré, couleur bleu ciel. « Pour que sa robe soit unique et que d’ici plusieurs années elle se souvienne qu’on avait apporté une petite touche d’amour en plus », glisse la jeune femme dans un sourire. 

La boutique de mercerie centenaire, Ultramod, la plus connue du quartier (Paris, 2e arr.) @Emma Ruffenach

Mère et fille sont des habituées de la boutique, qui auparavant était une bonneterie. « Depuis 1832, c’est une mercerie. On y vend de tout et même de la colle pour coller les passementeries de rideaux [ndlr : gros cordons, dentelles, franges] »,s’amuse Nathalie, une des vendeuses. Cette « touche d’amour en plus » qu’évoquait l’étudiante s’explique selon la commerçante par « la volonté de créer soi-même des petits accessoires ou de personnaliser des habits »

Pour les vendeuses Kaoli et Nathalie, la mode s’est « homogénéisée et grisonne » depuis plusieurs années. Cette dernière comprend que les jeunes filles ne s’y reconnaissent plus et qu’« elles [aient] envie d’avoir des habits uniques »« Depuis 3-4 ans on a tous les jours des adolescentes et des jeunes adultes qui viennent acheter des aiguilles à tricoter, ou du fil en coton pour rapiécer leur pantalon, détaille Nathalie. Avec le Covid-19, il y a de vraies préoccupations écologiques et économiques qui font que de plus en plus de jeunes personnes s’intéressent à ces activités manuelles ».

La couture comme lien générationnel

Dans cette mercerie, véritable kaléidoscope multicolore, où s’amoncellent du sol au plafond, boutons, fils en coton et en soie, rubans, et chutes de tissus, chacun trouve son bonheur. Emmeline Pinsont, ancienne postière, est venue chercher « des boutons, grands, plats, couleur écru », pour les coudre sur le gilet de son petit-fils. Pour quatre boutons taille 22, elle en a pour 4,50 euros. « C’est pour raccommoder un gilet en laine que je lui ai confectionner pour ses 10 ans et qui bizarrement a perdu ses boutons », glisse la retraitée, l’œil rieur. Avec ses enfants et petits-enfants, ils tricotent et font de la broderie. « Maintenant que la couture n’est plus apprise sous la baguette d’un professeur, mais au sein de la famille, c’est devenu un plaisir pour les jeunes. J’ai d’ailleurs offert une machine à coudre à l’une de mes petites-filles pour Noël », précise la retraitée du service public. 

Nathalie (en gilet orange) montre une sélection de boutons plats à Emmeline Pinsont, pour raccomoder le gilet de son petit-fils. @Emma Ruffenach

C’est pareil pour Marie Nussbaumer, étudiante en droit à Strasbourg. Elle a commencé le crochet à l’âge de 10 ans, inspirée par la pratique de ses deux grand-mères. Lors d’une semaine d’activités périscolaires, elle a confectionné une poupée, qu’elle a toujours conservée. « J’en suis plutôt fière. Avec le patron j’ai pu crocheter plusieurs robes pour ma Hello Kitty »

La poupée en crochet Hello Kitty et son vestiaire de robes colorées @Marie Nussbaumer

Angèle Talide, commerciale en informatique, doit aussi sa passion pour le tricot à sa grand-mère, Dora : « elle m’a appris le bon geste et m’a donné petite, le goût de découvrir le tricot. Et puis j’ai continué en autodidacte. Plus ça m’agaçait de rater mes mailles, plus j’avais envie de recommencer et de réussir ». 

La personnalisation, remède à la morosité

Actuellement en pleine confection d’une écharpe multicolore, « effet gaufrette pour que ça isole bien », la jeune commerciale ne demande plus trop de conseils à sa grand-mère, mais trouve des solutions sur Internet : « je regarde beaucoup de tutoriels sur YouTube. C’est vraiment très pratique et utile car on voit les mailles en gros plans et au ralenti ». Elle avoue qu’elle ne sait pas si elle va garder ou offrir cette écharpe qui ressemble à une « sucette Candy » car « donner un cadeau personnalisé qu’on a créé de nos mains et pas trouvé dans un grand magasin, ça fait toujours plaisir à recevoir »

L’écharpe en version « sucette candy » en plein work in progress @Angèle Talide

C’est sur cette vague de personnalisation et d’individualisation des codes vestimentaires que surfent des influenceuses, aujourd’hui à la tête de boutiques en ligne de broderies personnalisées après un succès de leurs confections personnelles sur Instagram. Pour Marie Dumont, 30 ans, instagrammeuse et fondatrice de « Mon Petit Cul », boutique en ligne de broderie, l’aventure a commencé lors du premier confinement lorsqu’elle a offert un t-shirt à sa meilleure amie, où elle avait brodé une paire de fesses bien rebondies en maillot de bain. « L’effet recherché du cadeau original était là ! C’est extrêmement mignon et rigolo de recevoir un cadeau avec écrit ‘mon petit cul’ sur la poitrine. Sur la boutique en ligne je brode aussi des mots doux et selon les photos que les gens m’envoient »

Marie Dumont, en train de personnaliser un tshirt pour une commande sur sa boutique en ligne Mon Petit Cul @Marie Dumont

Léa Le Gall, auto-entrepreneuse de 27 ans et « brodeuse professionnelle depuis 4 ans » a quant à elle, commencé à faire de la broderie à l’adolescence. Le déclic ? Le film « Brodeuses », réalisé par Eleonore Faucher, qu’elle a vu à sa sortie en 2004. Après un brevet des métiers d’art à Rochefort, l’influenceuse a travaillé « en intérim dans des ateliers de broderie perles et paillettes pour des maisons de luxe comme Chanel ou Valentino ». Depuis, elle fait de la broderie personnalisée sur textile dans son atelier Léa LG. Sur son site internet, elle propose la personnalisation de t-shirt, de culottes à froufrous et même de paires de sneakers Converse. « Voir que je m’éclatais autant à broder a produit de l’enthousiasme chez mes copines, elles aussi adorent désormais customiser à la main leurs outfit [ndlr : habits] mais aussi chez mes followers ! Ma communauté ne cesse de grandir et les gens s’inspirent de plus en plus sur Internet », assure l’entrepreneuse. 

Chercher ses inspirations sur YouTube, Instagram et Pinterest

Maëliss, blogueuse de tricot depuis 2015, publie chaque jour ses créations sur son compte Instagram « Des Mailles et Des Aiguilles ». Sur la plateforme YouTube, la lyonnaise de 23 ans met également des vidéos explicatives et des conseils pour réussir tel patron de pull ou de chaussettes multicolores. Pour cette jeune fonctionnaire du ministère des Armées, le tricot est une échappatoire au stress du quotidien : « chaque soir, je tricote pendant 2h et j’y passe mes weekends. En tout, je tricote environ 20 à 25h par semaine ».

Maëliss en plein tricot sur son compte Instagram @desmaillesetdesaiguilles

« Pendant le confinement, le nombres de vues de mes vidéos a presque doublé », se félicite cette amoureuse du tricot dont les vidéos cumulent chacune plus de 2000 visionnages. Pour elle, le confinement a permis de démocratiser des activités habituellement réservées aux personnes plus âgées. « Il y a eu une véritable prise de conscience, chez les jeunes comme les moins jeunes, que regarder le téléphone du matin au soir est lassant. Et que faire quelque chose de nos mains, comme le tricot ou la couture, est vraiment agréable et qu’on peut offrir nos créations à nos proches ».

Face aux échecs des débuts (« des robes pour mes poupées trouées de partout »), elle se souvient d’un conseil de sa grand-mère Danielle. C’est elle qui, à l’âge de 7 ans, lui a transmis la passion du tricot : « faire et défaire c’est toujours travailler ». Persévérance et patience sont donc les mots clefs pour bien lancer dans une activité manuelle comme le tricot, la couture ou encore la broderie. Pour les débutant.es, Maëliss conseille les patrons sur le site Ravelry, comme celui-ci pour se lancer dans la création d’une paire de « chaussettes guacamole ».

Emma Ruffenach

A retrouver sur le même thème :

PODCAST : AVOIR 20 ANS – LA LUTTE DU LARZAC #Ep3

Et vous, c’était comment d’avoir 20 ans à votre temps ?
Cette semaine, Boomer vous propose de découvrir cinq histoires de jeunesse à l’aune des événements historiques qui les ont traversées.

Léon Maillé avait 28 ans quand en 1971, il rejoint les 103 paysans du Larzac (Aveyron) qui se sont soulevés contre l’expropriation de leurs terres par l’armée, en signant un serment. Pendant dix ans, il participe aux actions de désobéissance civile non-violente, qui les mènent à la victoire.

Un podcast d’Armelle Exposito

Archives : INA

Retraitée « végé »

Septuagénaire, Danielle Sottas est devenue végétarienne il y a 40 ans. Manque d’informations, d’acceptation et de conscience climatique… non, ce n’était pas mieux avant.

Elle ne mange ni viande, ni poisson, ni produit laitier. Danielle vous reprend sur la différence entre végétarien et végan ; connaît celle entre tofu fumé et tofu soyeux. Elle distribue des tracts pour l’association de protection des animaux L214 et milite avec l’Association Végétarienne de France. Dernière précision : Danielle Sottas a 77 ans. Installée dans le Morbihan, l’animatrice socioculturelle est devenue végétarienne (régime alimentaire sans viande, ndlr) à 35 ans et végétalienne (régime alimentaire sans produits issus des animaux, ndlr) à la soixantaine. Aujourd’hui à la retraite, elle admire une jeunesse engagée pour le climat, qui partage de plus en plus souvent son régime alimentaire. Danielle raconte le chemin escarpé d’une végé’ « avant que ce soit la mode ».

Vous êtes devenue végétarienne il y a 40 ans, comment ça s’est passé à l’époque ? 
À l’époque, on ne devenait pas végétarien pour des raisons écologiques, on n’en parlait pas du tout. On faisait ce choix par rapport aux animaux. Moi, surtout, j’ai choisi l’amour ! J’ai rencontré mon compagnon à 35 ans, il était végétarien depuis ses 14 ans. C’est lui qui m’a initiée. 

Se proclamer végétarien à 14 ans, pendant les années 1950, ça arrivait souvent ? 
Jusqu’à ses 18 ans, il n’a pas eu le droit d’adopter vraiment son régime végétarien. Ses parents étaient bornés. C’est ce qui est très différent avec les jeunes parents d’aujourd’hui, que je trouve plus ouverts sur ces questions. 

Et pour vous, quelques années plus tard, quelles ont été les réactions ? 
On en parlait très peu autour de nous. Quand on ne connaissait pas bien quelqu’un, on ne disait pas qu’on était végétariens. On était vus comme une secte !

Un manque d’informations selon vous ? 
Oui, certaines personnes ne savaient même pas ce que c’était qu’être végétarien. Les autres me disaient: « Ohlala tu vas être malade ». Et même nous, on manquait d’informations : dans les années 1980, il n’y avait pas de boutiques spécialisées, de recettes sur Internet, de compléments alimentaires adaptés. C’était affreux au début. Tous les jours, je me demandais ce que j’allais bien pouvoir manger aujourd’hui.

Puis, il y a dix ans vous êtes devenue végétalienne… 
M’engager avec L214 (une association de défense des animaux, ndlr) m’a ouvert les yeux sur les exploitations intensives d’animaux. Petit à petit, en faisant des rencontres, j’ai commencé à mieux connaître les régimes sans produits animaux. Car jusqu’à mes 40 ans, je mangeais « normalement » mais sans viande, sans soucis. Mais après, il faut faire attention, manger de manière plus variée. Tous les jours désormais, je prends des vitamines B12 qu’on retrouve normalement dans la viande. Des vitamines B3 aussi. Et tout va bien ! Je le dis même à mon médecin : « vous voyez que c’est bon d’être végétalien ! » C’est pour cela que c’est bien de faire les choses petit à petit, sinon on risque des carences. Aujourd’hui, les jeunes deviennent directement végans (mode de vie qui exclut tout produit d’origine animale, ndlr), sans passés par au moins une courte phase de végétarisme. 

Les jeunes vont trop vite ? 
Non, c’est normal quand on est jeunes de vouloir faire les choses plus vite. Je les admire, ils ont vraiment déjà tout compris, ce sont des jeunes militants. J’ai été très surprise de tous ces jeunes qui se sont mis en avant pendant les manifestations pour le climat. Ils ont pris conscience. 

Ces mêmes jeunes, engagés pour l’environnement, accusent souvent votre génération d’être responsable des maux de la planète.
Je les comprends. Notre génération a été très égoïste. Nous avons vraiment vécu les meilleures années et on leur laisse une planète malade. On n’a pas eu de prise de conscience des problèmes écologiques. Ou si, un petit peu, on a fait Mai-68, mais c’était une prise de conscience individuelle. Les jeunes ont réussi à avoir une prise de conscience collective. 

Julia Denis

Retrouvez aussi « Viande », un podcast de Manon Meyer :

Jeune pêcheur à la recherche de conseils aguerris

Depuis deux ans, Charles Larois s’adonne à la pêche. Une pratique souvent considérée comme un plaisir de séniors. Pourtant, en France, un tiers des titulaires d’une carte de pêche en 2017 avaient moins de 18 ans, selon la Fédération Nationale de la Pêche en France (FNPF). Et quand les deux générations se rencontrent, les plus jeunes en profitent souvent pour apprendre de leurs ainés.

Charles pêche principalement en région parisienne depuis environ deux ans ©IB

Il commence par escalader une grille en métal, avant de traverser un pont en bois pourri et d’arpenter, cinq cent mètres durant, de hautes herbes dont les ronces déchirent le tissu de ses vêtements. « C’est comme cela que l’on trouve de bons coins de pêche », assure Charles Larois, 28 ans, avant de s’arrêter pour organiser son matériel sur une souche d’arbre mort au bord de l’étang.

Le coin de pêche en question, coincé entre le sud de l’Essonne (91) et la Seine-et-Marne (77), à une heure de Paris, est totalement désert ce vendredi de janvier. Le thermomètre affiche cinq degrés. Heureusement le soleil se faufile souvent entre deux nuages pour réchauffer ses mains occupées à maintenir la canne à pêche.

« C’est dommage, j’aime bien quand il y a d’autres pêcheurs à qui demander conseil, se désole celui qui travaillait jusqu’à récemment comme acheteur Junior chez Air Liquide, une entreprise spécialisée dans les gaz industriels. Surtout les anciens qui connaissent vraiment la pêche » ajoute-t-il en essayant en vain de défaire sa ligne coincée dans l’arbre au-dessus de sa tête. Profiter d’un moment de pêche pour échanger avec ses ainés est toujours un plaisir.

Dans cet étang, les pêcheurs attrapent principalement des brochets, des perches et des carpes. ©IB

Ensemble de survêtement noir, veste North Face et clope au bec, Charles a plus l’allure d’un jogger que d’un pêcheur. D’ailleurs sa carte de pêche il est en train de la refaire faire. Le processus a été ralenti à cause de la crise sanitaire. Elle est pourtant obligatoire. Pêcher sans, c’est s’exposer à payer une amende de 38€. En 2017 l’hexagone comptait 1 528 452 personnes titulaire de la carte de pêche, dont un tiers de moins de 18 ans, selon la Fédération nationale de la pêche en France (FNPF),

L’étang choisi aujourd’hui n’est pas non plus homologué pour la pêche. « Ici, je ne vois pas trop de gens parce que c’est difficile d’y venir », lâche-t-il. Pourtant il adore ce point d’eau. C’est ici qu’il a attrapé son premier brochet. Un poisson dont il parle fièrement mais trop souvent selon ses amis. « Regarde mon broc’ » répète-t-il à qui veut l’entendre. Parfois il se rend dans d’autres étendues d’eau situées en Île-de-France. Et pourquoi ne pas attraper un silure, ce poisson qui peut peser plusieurs dizaines de kilos, comme le font les pêcheurs qu’ils regardent sur Youtube.

Dans cet étang, les pêcheurs attrapent principalement des brochets, des perches et des carpes. ©CL

Charles est né en 1992. Il a grandi à Sorbiers, une petite ville proche de Saint-Étienne, vers Lyon. Une région où les lacs, les rivières et les étangs ne manquent pas. Et dans lesquels, enfant, il a pêché ses premiers poissons avec son père et son frère ainé. Il avait alors moins de dix ans. « On allait à la pêche et dès que mon père partait faire sa sieste en début d’après-midi, je prenais le relais. » Des moments privilégiés qu’il raconte en regardant le leurre et l’hameçon de sa canne émerger de l’eau.

« Peps » – comme l’appellent ses amis pour une raison qu’il ne racontera pas – se rend à la pêche plusieurs fois par mois. Il a même convaincu son pote Antoine, commercial de 27 ans, de prendre part à l’aventure. Au grand dam de leurs copines respectives. « Ils passent des journées entières à la pêche, se moque l’une d’entre-elles. Je ne comprends pas ce qu’ils y trouvent. Mais tant mieux si cela leur plaît. » Et même quand il s’agit de se lever à 6h les dimanches matins pour trouver les meilleurs spots.

Le Stéphanois ne fait pas les choses à moitié. Il a acheté un arsenal complet afin de pêcher dans les meilleures conditions. Une canne à pêche, bien sûr, un nouveau moulinet, des leurres, du fil, des hameçons, des plombs… Matériel qu’il expose fièrement au moment de changer de leurre. « Ce leurre sert plutôt à attraper de gros poissons » explique-t-il en montrant un poisson en plastique vert qu’il attache au bout de son fil.

Charles a acheté un arsenal complet afin de pêcher dans les meilleures conditions. ©IB

La session pêche du jour n’est pas bonne. Seule une perche téméraire est venue taquiner le leurre sans se laisser prendre. Sûrement la faute aux canards qui ne cessent de cancaner et de se disputer à l’autre bout de l’étang au point d’effrayer les poissons.

Dans un mois, c’est dans une eau plus claire que celle de l’Essonne que Charles pêchera. Lui et sa copine s’envolent pour le Mexique puis la Colombie. Le Sorbéran espère pouvoir effectuer ses premières expériences de pêche à l’étranger. Là-bas, les poissons mordront peut-être davantage.

Ismaël Bine

PODCAST : AVOIR 20 ANS – LES ATTENTATS DE 2015 #Ep2

Et vous, c’était comment d’avoir 20 ans à votre temps ?
Cette semaine, Boomer vous propose de découvrir cinq histoires de jeunesse à l’aune des événements historiques qui les ont traversées.
Nicolas était au Stade de France, le soir des attentats de 2015. Pour ce deuxième épisode, il nous raconte comment les attaques du 13 novembre ont marqué sa jeunesse et son quotidien.

Un podcast d’Enola Richet

Archives: INA

PODCAST : MOTS CROISÉS – LA CHIENLIT #Ep1

À chaque génération, son jargon. Chaque jour, la rédaction de Boomer décrypte pour vous les expressions qui en disent beaucoup sur une époque. Aujourd’hui, la chienlit. Une formule éminemment politique, popularisée par Charles de Gaulle, alors président de la République, dans le cadre des événements de mai 1968 pour décrire le désordre ambiant.

Un podcast de Lise Roos-Weil

Crédits :
Keywoo-Jingle, Hicham Chahidi
Akanaba, Hicham Chahidi

Archives sonores:
INA
CNews

PODCAST : AVOIR 20 ANS – LA GUERRE D’ALGERIE #Ep1

Et vous, c’était comment d’avoir 20 ans à votre temps ?
Cette semaine, Boomer vous propose de découvrir cinq histoires de jeunesse à l’aune des événements historiques qui les ont traversées.
Pour ce premier épisode, nous allons à la rencontre de Jacque Perrault, arraché trop vite à sa jeunesse pour aller combattre en Algérie en 1959. Il a passé deux ans et demi entre les corvées, les exactions et les tortures auxquels il a assisté. Avoir 20 ans pendant la guerre d’Algérie, « c’était rude ».

Archives sonores:

INA

PODCAST : MOTS CROISÉS – MOULAGA #Ep2

À chaque génération, son jargon. Chaque jour, la rédaction de Boomer décrypte pour vous les expressions qui en disent beaucoup sur une époque.


Pour ce deuxième épisode, Moulaga. Une expression tirée de la bouche de nos rappeurs les plus populaires : MHD, Booba ou encore Jul rafolent de la « moula » ou la « moulaga ». Un mot au sens flou : d’ailleurs, c’est la neuvième définition la plus recherchée sur Google par les internautes. Découvrez ce qu’il signifie dans cette chronique sonore d’Alexis Vergereau.

Crédits :
Keywoo-Jingle, Hicham Chahidi
Akanaba, Hicham Chahidi